Réalisation : Deb Hagan
Avec Drake Bell, Kevin Covais, Andrew Caldwell
Américain
Note : @@@@
Genre : SuperGood
Script : Dan Callahan et Adam Ellison
Producteurs : Julie Dangel, Malcolm Petal et Adam Rosenfelt
Trois jeunes lycéens vont vivre un week-end d'enfer lorsqu'ils visitent un collège voisin.
S'il y a une chose qui devrait sympathiquement vous énerver, c'est bien l'impuissance avec laquelle vous constatez la connerie abyssale des comédies des dernières années. Vous ne pouvez rien faire face à cette invasion de guimauve calibrée et de bienséance persistante, et c'est en vous rappelant les doux murmures des comédies de John Hugues et de Judd Appatow que vous vous endormez en fantasmant sur un meilleur lendemain. Et bien sortez les trompettes, les pizzas, les capotes et la bière, car COLLEGE, premier long-métrage du prometteur Deb Hagan et toujours inédit dans nos contrées, vous ouvre les portes de ses confréries pour une heure et demie de subversion libératrice. Et autant dire que si SUPERGRAVE incarne pour vous le graal absolu du teen-movie, il vous sera bien difficile d'en sortir.
De tiquer dans un premier temps. Un intello maigrichon à lunettes un peu coincé, un gros qui sort des familiarités toutes les deux répliques et un jeune adulte en mal d'amour, le trio qui nous est présenté semble en effet tout droit calqué honteusement sur le film de Greg Mottola. On se demande même pendant les dix premières minutes si COLLEGE possède un quelconque intérêt, tant les répliques et les situations convenues s'enchaînent sans sourciller. En ersatz du génial Jonah Hill, Andrew Caldwell (vu brièvement dans TRANSFORMERS) semble avoir toutes les peines du monde à faire oublier son vraisemblable modèle, quand Kevin Covais n'apporte rien au sosie du personnage interprété magistralement par Christopher Mintz-Plasse. Bref, tout spectateur connaissant SUPERGRAVE aura le droit de se demander ce qu'il fait là.
Narrant les péripéties de 3 amis, qui vont se retrouver tout un week-end souffre-douleurs d'une confrérie suite à la visite d'une fac dans laquelle ils espèrent entrer, COLLEGE prend enfin ses marques dés l'arrivée du trio dans la ville voisine. Et c'est peu de le dire, tant le film semble prendre une voie diamétralement opposée à celle empruntée jusqu'ici. Les répliques graveleuses coulent à flot autant que l'alcool ingurgité par les personnages, et miracle, elles fonctionnent toutes. Malgré leurs premiers déboires, une soirée débute pour vingt bonnes minutes ou le réalisateur ne s'occupera de rien d'autre que d'installer du rythme, et surtout des gags aussi hilarants les uns que les autres. Certains clichés inhérents au genre sont certes bien présents, une petite histoire d'amour semble également se profiler au lendemain de cette première débauche, qu'en commence une seconde dix minutes après, après avoir à peine effleuré ce qu'on commençait déjà à prendre en traître. Dialogues jubilatoires, foutage de gueule vis-à-vis d'un handicapé, personnages ivres morts, baise en arrière-plan ou lesbiennes qui se font plaisir pendant qu'un des personnages les observe sous leur lit, COLLEGE reste fidèle à une démarche jusqu'au-boutiste rarissime qui fait terriblement plaisir à voir. On ne peut ainsi que regretter le gros quart d'heure ou le montage laisse un peu trop traîner des séquences louant les intentions de ses auteurs, mais qui n'étaient pas foncièrement utiles à l'aune d'une première heure quasi-parfaite. Peut-être pour nous faire croire à des dernières minutes convenues, pourtant bien loin de ce à quoi on va assister... Au final, tout reste orchestré de façon à ce que l'on ne puisse même pas ériger en reproche le fait que le scénario reste minimaliste dans ses propos.
Aussi, vous ne supportez plus que les ados parlent comme des quinquagénaires rentrés dans le rang neuf comédies sur dix ? Vous êtes persuadés que les soirées nonsensiques où sexe et alcool sont les maîtres-mots, sont une période unique de votre vie ? Alors, viendez les gens, viendez au COLLEGE, le film ou on ne peut que souhaiter d'y être. Peut-être moins drôle et intelligent qu'un SUPERGRAVE, le premier long de Deb Hagan se hisse en outre à des hauteurs inatteignables pour une large majorité de chaque teen-movie à venir. A découvrir dans toutes les bonnes mules.




