Réalisation : Pierre-François Martin-Laval
Avec Pierre-François Martin-Laval, Florence Foresti, Pierre Richard...
Français
Note : @
Genre : Ratage transgressif
Script : PFML, Jean-Paul Bathany et Frédéric Proust
Producteur : Antoine De Clermont-Tonnerre
Magali, tubiste dans une fanfare, et Guillaume, conducteur de petit train touristique, mènent une vie tranquille en banlieue, amoureux comme au premier jour, entre rêves modestes et une grossesse qu'ils attendaient depuis longtemps.
Tout se complique lorsque le père de Guillaume, qu'il ne connaît pas, prend contact avec lui pour lui annoncer qu'en vertu d'un accord datant du Moyen-Age, il hérite d'un authentique royaume au large de la France et de l'Angleterre.
Guillaume et sa femme sont tout d'abord incrédules. Mais la perspective de régner sur une île paradisiaque, avec de fidèles sujets, un château, une fortune... est bien tentante !
La réalité est cependant bien loin de ce qu'imagine le couple. L'île n'est qu'un caillou miteux, battu par les vents du Nord et peuplé de seulement cinq habitants quelque peu décalés...
Pendant que Magali délire sur son futur statut de reine, leurs nouveaux serviteurs rivalisent de plans tordus pour leur cacher la vérité, jusqu'à ce que Guillaume ne puisse plus renoncer à sa couronne...
Dans l'absolu, il semble inapproprié d'attaquer un film sur sa propension à chercher l'innovation, et encore moins à la trouver. Démarche intégriste parmi tant d'autres, qui reviendrait à se contenter de méthodes de mise en scène galvaudées ou de scénarii infiniment recyclés, quand leurs investigateurs n'hésitent paradoxalement pas à hurler leur haine au monde au moindre sentiment de déjà vu. Mais quand bien même, il arrive que rien ne fonctionne comme on le voudrait, et que même la plus sincère des intentions ne dépasse jamais le stade de l'essai. Auteur respecté des Robin Des Bois, Pierre-François Martin-Laval s'était révélé en tant que réalisateur grâce à son excellent ESSAYE-MOI, qui dynamitait grâce à un univers loufoque et mélancolique une comédie à la française cloîtrée dans ses archaïsmes. Un souci de nouveauté bienvenue et renouvelé avec ce KING GUILLAUME, qui voit pourtant la plupart de ses tentatives se retourner contre lui. Et quand la transgression ne fonctionne pas...
Désireux d'élargir ses horizons si particuliers où nous étions conviés dans son premier long-métrage, Pef nous renvoie à cette note d'intention dés le pré-générique. Présentant la fameuse île dont va hériter le personnage qu'il incarne, aux travers d'un cours dispensé par Terry - Monty Python - Jones, le cinéaste recourt de nouveau à cette notion de conte mêlé d'absurdité, dont l'épilogue naïf mais sincère sera l'aboutissant d'un récit qui ne reniera jamais les valeurs qu'il aborde. Toujours aussi efficace lorsqu'il s'agit de rendre crédible une situation improbable, car aimant profondément ses personnages et les sublimant à chaque instant (jamais les habitants de l'île ne seront pris de haut), Pef imprime à KING GUILLAUME le même cachet émotionnel dont s'était si bien vêtit ESSAYE-MOI. Un élément rarissime quand les français s'essaient à la comédie, et qui fait d'autant plus regretter le traitement narratif bancal du reste du métrage. A ce titre, le final y est d'ailleurs aussi émouvant qu'il est expédié.
A la limite, ce ne sont même pas tant les dialogues, a priori très bons mais qui ne fonctionnent jamais, qui plombent le récit ; que les faiblesses d'un montage qui tend à oublier de structurer l'histoire contée. A l'instar de personnages secondaires trainés dans la lourdeur (la cabine téléphonique) et l'inutilité, KING GUILLAUME prend son temps pour exposer des faits par ailleurs bien avares en rebondissements, étire les séquences et ne manie jamais l'ellipse à bon escient. Linéaire et sans surprise, le traitement réservé au scénario explique peut-être le fait que jamais, Ô grand jamais, la moindre réplique ne fasse mouche. Paradoxalement jamais faciles, pas même vulgaires et encore moins empruntées, celles-ci sentent clairement une réflexion à leur sujet mais tombent à plat, les unes après les autres. Pas même le casting, excellent (Florence Foresti est toujours aussi géniale), ne semble être en mesure de justifier en partie un tel fiasco.
Vous l'aurez compris, KING GUILLAUME sait se montrer émouvant, KING GUILLAUME est bourré de bonnes intentions, KING GUILLAUME souhaite de tout c½ur redorer le blason du genre qu'il investit. Mais KING GUILLAUME est trop long, KING GUILLAUME est parfois chiant et surtout, KING GUILLAUME ne vous décrochera pas un seul rire. Une grosse déception de la part d'un Pef qui n'a pourtant, pas grand-chose à se reprocher.




