Réalisation : Eric Darnell et Tom McGrath
Avec José Garcia, Marina Foïs, Jean-Paul Rouve...
Américain
Note : @
Genre : Mauvaise blague
Script : Etan Cohen, Tom McGrath et Eric Darnell
Toutes les adorables créatures de Madagascar sont de retour : le lion Alex, le zèbre Marty, la girafe Melman, l'hippopotame Gloria, le Roi Julien, Maurice et les pingouins... aucun ne manque à l'appel.
Après s'être échoué sur les rivages lointains de Madagascar, nos New-yorkais ont concocté un plan dément - si dément qu'il pourrait bien réussir ! Avec une discipline quasi militaire, les pingouins ont rafistolé une épave d'avion, et au terme d'un vol chaotique à souhait, l'improbable équipage a pu rallier les vastes plaines d'Afrique.
Les anciens pensionnaires du zoo de Central Park rencontrent alors pour la première fois leurs familles respectives dans leur habitat naturel. Une occasion unique de renouer avec ses racines, mais aussi de mesurer le gouffre qui sépare la nature de la civilisation, le "continent noir" de la "jungle de béton".
De nouvelles aventures, encore plus palpitantes, attendent nos amis sur la terre de leurs ancêtres, mais le souvenir de New York reste présent en chacun d'eux. N'est-ce pas là que doit finalement se jouer leur avenir ?
Si on avait par deux fois attendu avec plaisir les suites d'un SHREK qui semblait encore avoir des choses à raconter, au moins jusqu'à ce troisième épisode qui ne parvint jamais à renouveler la recette qui avait rendu ses prédécesseurs si attachants, il était légitime de se demander de quelle façon la maison DreamWorks Animation allait s'atteler à un nouvel épisode de leur trop court MADAGASCAR. Si tout laisser présager d'une suite, des personnages déjantés à la fin ouverte du premier opus en passant surtout par le gros succès rencontré par ce dernier, difficile d'offrir toute confiance aux scénaristes pour essayer de passer à autre chose, tant le premier semblait atteindre ses limites avant même la fin du film. Pas même la présence d'Etan Cohen, auteur du jubilatoire IDIOCRACY et de ce MADAGASCAR 2, ne pouvait faire grand-chose à un fait désormais coutume dans le monde de l'animation. Le ratio Réussites/Déceptions continue de tracer sa route.
Malgré la faiblesse évidente de son récit, le premier MADAGASCAR avait au moins pour lui un atout indéniable et surtout trop rare pour se permettre de faire la fine bouche : il était drôle. Délaissant tous les tics habituels du genre, de la romance à la morale galvaudée, Eric Darnell et Tom McGrath livraient une œuvre réjouissante qui ne s'embarrassait d'aucune préoccupation psychologique pour ne s'intéresser qu'à l'immersion humoristique de son spectateur. Sa principale faiblesse était donc aussi ce qui rendait le métrage si réussi, et laissait penser à une suite au moins aussi punchy. Hélas, celle-ci perd en humour ce qu'elle gagne en paresse. Soucieux de rentrer dans le rang ou simplement de toucher un autre public (il semble pourtant que ce ne soit ni l'un ni l'autre), le second épisode perd clairement en efficacité. De son entrée en matière frileuse, qui présente succinctement le père et l'enfance du lion Alex, laissant entrevoir une structure narrative poussive, prévisible et hélas suivie à la lettre, à son animation anguleuse ultra-fidèle à son ainée (c'est tout juste si l'on remarque que l'eau est plus belle), MADAGASCAR 2 ne cherche la nouveauté que dans les conventions pourtant refusées par le premier opus. Empruntant même quelques idées partielles au ROI LION, le scénario du trio Cohen/Darnell/McGrath oublie toute velléité comique pour se concentrer quasi-exclusivement sur l'évolution... psychologique de ses personnages. En désirant émanciper ses personnages en les confrontant à leurs semblables, le récit en oublie la simplicité impérative à toute notion d'humour et les obligations de découpages nécessaires au rythme leur donnant de l'impact.
Dialogues quelconques, interactions entre les personnages faiblardes, action limitée et morale convenue, on se demande où sont passés les animaux qui faisaient l'intérêt du premier opus, et ses quelques idées visuelles réjouissantes. On notera bien de superbes plans strictement impossibles à réaliser en prises de vue réelles (si Pixar ou certains auteurs orientaux tels que Satoshi Kon ou Mamoru Oshii ne l'oublient pas, il serait utile de rappeler à d'autres que l'animation ne sert pas qu'à s'amuser avec le character-design), mais ceux-ci se révèlent bien vains face à la faiblesse d'un script trop conservateur.
MADAGASCAR 2 n'est cependant pas à jeter (ou en tout cas, pas totalement). Tiquer face aux problèmes de rythme est normal, quand bien même l'idée d'allonger la durée de film était louable, mais le métrage s'avère suffisamment bien emballé pour qu'on s'y attarde. Malgré leurs faiblesses, les personnages demeurent plaisants à plus d'un titre (en l'occurrence, surtout les pingouins) et certaines répliques fonctionnent sans problème. Plus présents, les humains seront également d'un grand secours dans cette présence de logique et serviront de prétexte à des séquences réellement intéressantes et mouvementées. Butin assez consistant pour ne pas être oublié instantanément.
Vous l'aurez compris, ce ne sont pas 4 pingouins et quelques humains qui vont se suffire à eux-mêmes. Bien inférieur à son ainé, avec sa bande originale qu'on croirait toute droit inspirée de l'ost d'un CRASH BANDICOOT, son absence totale d'innovation et surtout en oubliant qu'humour et psychologie ne sont pas incompatibles, MADAGASCAR 2 n'est qu'une déception de plus de la part des studios DreamWorks, n'assurant que le minimum syndical nécessaire pour passer un agréable moment.




