Madagascar 2

Madagascar 2
Sortie : 03 Décembre 2008
Réalisation : Eric Darnell et Tom McGrath
Avec José Garcia, Marina Foïs, Jean-Paul Rouve...
Américain
Note : @
Genre : Mauvaise blague
Script : Etan Cohen, Tom McGrath et Eric Darnell

Toutes les adorables créatures de Madagascar sont de retour : le lion Alex, le zèbre Marty, la girafe Melman, l'hippopotame Gloria, le Roi Julien, Maurice et les pingouins... aucun ne manque à l'appel.
Après s'être échoué sur les rivages lointains de Madagascar, nos New-yorkais ont concocté un plan dément - si dément qu'il pourrait bien réussir ! Avec une discipline quasi militaire, les pingouins ont rafistolé une épave d'avion, et au terme d'un vol chaotique à souhait, l'improbable équipage a pu rallier les vastes plaines d'Afrique.
Les anciens pensionnaires du zoo de Central Park rencontrent alors pour la première fois leurs familles respectives dans leur habitat naturel. Une occasion unique de renouer avec ses racines, mais aussi de mesurer le gouffre qui sépare la nature de la civilisation, le "continent noir" de la "jungle de béton".
De nouvelles aventures, encore plus palpitantes, attendent nos amis sur la terre de leurs ancêtres, mais le souvenir de New York reste présent en chacun d'eux. N'est-ce pas là que doit finalement se jouer leur avenir ?



Si on avait par deux fois attendu avec plaisir les suites d'un SHREK qui semblait encore avoir des choses à raconter, au moins jusqu'à ce troisième épisode qui ne parvint jamais à renouveler la recette qui avait rendu ses prédécesseurs si attachants, il était légitime de se demander de quelle façon la maison DreamWorks Animation allait s'atteler à un nouvel épisode de leur trop court MADAGASCAR. Si tout laisser présager d'une suite, des personnages déjantés à la fin ouverte du premier opus en passant surtout par le gros succès rencontré par ce dernier, difficile d'offrir toute confiance aux scénaristes pour essayer de passer à autre chose, tant le premier semblait atteindre ses limites avant même la fin du film. Pas même la présence d'Etan Cohen, auteur du jubilatoire IDIOCRACY et de ce MADAGASCAR 2, ne pouvait faire grand-chose à un fait désormais coutume dans le monde de l'animation. Le ratio Réussites/Déceptions continue de tracer sa route.

Malgré la faiblesse évidente de son récit, le premier MADAGASCAR avait au moins pour lui un atout indéniable et surtout trop rare pour se permettre de faire la fine bouche : il était drôle. Délaissant tous les tics habituels du genre, de la romance à la morale galvaudée, Eric Darnell et Tom McGrath livraient une œuvre réjouissante qui ne s'embarrassait d'aucune préoccupation psychologique pour ne s'intéresser qu'à l'immersion humoristique de son spectateur. Sa principale faiblesse était donc aussi ce qui rendait le métrage si réussi, et laissait penser à une suite au moins aussi punchy. Hélas, celle-ci perd en humour ce qu'elle gagne en paresse. Soucieux de rentrer dans le rang ou simplement de toucher un autre public (il semble pourtant que ce ne soit ni l'un ni l'autre), le second épisode perd clairement en efficacité. De son entrée en matière frileuse, qui présente succinctement le père et l'enfance du lion Alex, laissant entrevoir une structure narrative poussive, prévisible et hélas suivie à la lettre, à son animation anguleuse ultra-fidèle à son ainée (c'est tout juste si l'on remarque que l'eau est plus belle), MADAGASCAR 2 ne cherche la nouveauté que dans les conventions pourtant refusées par le premier opus. Empruntant même quelques idées partielles au ROI LION, le scénario du trio Cohen/Darnell/McGrath oublie toute velléité comique pour se concentrer quasi-exclusivement sur l'évolution... psychologique de ses personnages. En désirant émanciper ses personnages en les confrontant à leurs semblables, le récit en oublie la simplicité impérative à toute notion d'humour et les obligations de découpages nécessaires au rythme leur donnant de l'impact.
Dialogues quelconques, interactions entre les personnages faiblardes, action limitée et morale convenue, on se demande où sont passés les animaux qui faisaient l'intérêt du premier opus, et ses quelques idées visuelles réjouissantes. On notera bien de superbes plans strictement impossibles à réaliser en prises de vue réelles (si Pixar ou certains auteurs orientaux tels que Satoshi Kon ou Mamoru Oshii ne l'oublient pas, il serait utile de rappeler à d'autres que l'animation ne sert pas qu'à s'amuser avec le character-design), mais ceux-ci se révèlent bien vains face à la faiblesse d'un script trop conservateur.
MADAGASCAR 2 n'est cependant pas à jeter (ou en tout cas, pas totalement). Tiquer face aux problèmes de rythme est normal, quand bien même l'idée d'allonger la durée de film était louable, mais le métrage s'avère suffisamment bien emballé pour qu'on s'y attarde. Malgré leurs faiblesses, les personnages demeurent plaisants à plus d'un titre (en l'occurrence, surtout les pingouins) et certaines répliques fonctionnent sans problème. Plus présents, les humains seront également d'un grand secours dans cette présence de logique et serviront de prétexte à des séquences réellement intéressantes et mouvementées. Butin assez consistant pour ne pas être oublié instantanément.

Vous l'aurez compris, ce ne sont pas 4 pingouins et quelques humains qui vont se suffire à eux-mêmes. Bien inférieur à son ainé, avec sa bande originale qu'on croirait toute droit inspirée de l'ost d'un CRASH BANDICOOT, son absence totale d'innovation et surtout en oubliant qu'humour et psychologie ne sont pas incompatibles, MADAGASCAR 2 n'est qu'une déception de plus de la part des studios DreamWorks, n'assurant que le minimum syndical nécessaire pour passer un agréable moment.

# Posté le jeudi 04 décembre 2008 12:23

Modifié le dimanche 17 mai 2009 06:21

Top Attentes 2009

Top Attentes 2009
Voici qu'une année 2008 mieux fournie que le millésime précédent en terme de films de qualité s'achève. Si 2009 ne risque surement pas de basculer un ratio bons/mauvais films dans son train-train annuel, il y a quand même de quoi nourrir certains espoirs au travers d'oeuvres que l'on espère grandioses. En attendant de les visionner, voici un top 10 perso des projets qui retiennent toute mon attention :

10 - Dragon Ball : Evolution, James Wong

La fausse attente de l'année. Depuis que la très réac Fox se charge d'entretenir le suspens autour du projet, inutile d'espérer un film de qualité. Pourtant, malgré des premières images dégueulasses, Goku qui va au lycée, les jeunes filles populaires qui sortent avec les sportifs musclés, un Roshi pas pervers et des voitures dernier cri placés dans le métrage de façon à ne pas choquer un public par ce qu'il n'a pas l'habitude de voir, un changement de titre qui montre au monde le mépris avec lequel la Fox voit le manga qu'elle adapte, le film de Wong reste la fausse adaptation de mon manga préféré. Ayant grandi dans cette machine à rêves, je ne peux qu'attendre ce futur désastre tout sauf artistique qui aura au moins le mérite de sortir les arguments les plus meurtriers dans une future critique. Mais dieu que j'aimerais au moins assister à des combats dignes de ce nom... Oui je sais...


9 - The Midnight Meat Train, Ryuhei Kitamura

Le cinéma d'horreur a connu tellement de bouses cette année qu'on en vient à se demander quand est-ce qu'un réalisateur sincère nous réalisera un film à la hauteur de nos attentes.Les premiers échos faisant état d'un véritable choc, il n'y a plus qu'à espérer. Et attendre.


8 - Slumdog Millionaire, Danny Boyle

Parce que Danny Boyle. Parce que le pitch laisse présager du meilleur. Parce qu'après deux chefs-d'oeuvre du cinéma de genre et un MILLIONS des plus sympathiques, difficile d'imaginer que le réalisateur puisse décevoir. J'en suis persuadé.

7 - Funny People, Judd Apatow

Le roi de la nouvelle comédie américaine (celle qui fait rire) retrouve la réalisation après le génial KNOCKED UP et un grand chelem intégral en tant que producteur cette année. Le simple fait de voir son nom étant un gage de qualité, il n'y a pas à douter que ce FUNNY PEOPLE sera un nouveau grand moment. Réponse en Septembre.

6 - The Wrestler, Darren Aronofsky

L'un de mes réalisateurs préférés, dont le THE FOUNTAIN reste un de mes plus grands moments de cinéma, revient ici avec une oeuvre des plus prometteuses. Si je ne pense pas que le lion d'or remporté à Venise soit gage de qualité, il n'empêche que le projet, porté par un Rourke parait-il monumental, a de quoi faire bander quiconque. Et c'est plus que jamais mon cas.


5 - L'Etrange Histoire De Benjamin Button, David Fincher

Porté en grâce par son synopsis, son casting et son réalisateur, BENJAMIN BUTTON s'annonce affolant. Les premières images confirment mon espérance plus que jamais. J'ai beau tenter de nuancer mon attente, rien n'y fait. Ca sent trop bon pour être factice.


4 - Zack Et Miri Tournent Un Porno, Kevin Smith

Passionné absolu de l'oeuvre de Smith, tant dans le traitement de ses thématiques, de ses dialogues et de ses personnages, je ne peux qu'attendre son prochain opus avec une putain d'impatience. La censure de son affiche aux Etats-Unis et le sujet pas franchement politiquement correct y participent activement, et tout ça s'annonce comme un très grand moment de rigolade décomplexée.


3 - Ponyo Sur La Falaise, Hayao Miyazaki

Comme pour Smith, l'oeuvre quasi-intégrale de Miyazaki est prétexte à fascination. Hormis l'inintéressant KIKI LA PETITE SORCIERE, tous les films du maître possèdent une immense source de rêve et d'imaginaire. Sans même visionner la bande-annonce, ne pas attendre ce PONYO reviendrait à renier le cinéma qui me fascine. En espérant un monument aussi orgasmique qu'un CHATEAU DANS LE CIEL ou un PRINCESS MONONOKE, le seul substitut permettant de patienter est... de se revisionner sa filmo. Et plusieurs fois, si possible.

2 - La Horde, Yannick Dahan et Benjamin Rocher

Le critique cinéma le plus érudit et le plus fascinant à l'heure actuelle qui passe à la réalisation, ça fait envie. Pire que ça, Yannick Dahan, malgré un budget ridicule, nous promet un film résolument badass et énervé. En compagnie de son compère, LA HORDE a tout en mains pour devenir une référence du film de zombies et du cinéma de genre français. Du cinéma de genre tout court ?


1 - Avatar, James Cameron

En utilisant un procédé qui est en train de révolutionner le cinéma sans que personne ne s'en rende compte, James Cameron démontre si c'était encore nécessaire que son intégrité artistique n'a d'égal que son talent. AVATAR, tout de performance capture vétu, risque bien de faire extrêmement mal, et au-delà même des espérances. Si le plus grand secret est conservé à propos du script, le simple fait que Cameron balance à la gueule du monde ses envies de cinéma provoque mon orgasme immédiat. Putain, un an...

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 14:33

Two Lovers

Two Lovers
Sortie : 19 Novembre 2008
Réalisation : James Gray
Avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw..
Américain
Note : @@@
Genre : Fausse comédie mais réellement romantique
Script : James Gray et Ric Menello

New York. Leonard hésite entre suivre son destin et épouser Sandra,la femme que ses parents lui ont choisi ou se rebeller et écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, Michelle, belle et volage, dont il est tombé éperdument amoureux. Entre la raison et l'instinct, il va devoir faire le plus difficile des choix...


A croire qu'à force de visionnages bouseux et anecdotiques, on pouvait oublier qu'un genre n'est voué à demeurer cloisonné dans ses conventions que s'il est perçu comme tel. Malgré une avalanche de contre-arguments tout prêts à être cités pour contredire les échos du premier quidam persuadé qu'un certain cinéma demeure caricatural quoiqu'il en soit fait, il est un registre dont on se demande s'il trouvera un jour une légitimité artistique. Dynamitée par le vrai travail scénaristique d'un Jason Segel qui a tout compris, et parmi les COUP DE FOUDRE A RHODE ISLAND et autres bluettes inoffensives, SANS SARAH RIEN NE VA demeure pourtant une très bonne comédie romantique, et simplement la meilleure de l'année en cours (comment ça j'oublie WALL.E ?). Transcendant par l'humour les clichés les plus vomitifs d'un genre ultra-codifié, cette production Apatow (tiens...) nivelait par le haut des conventions qui n'avaient a priori plus grand intérêt si ce n'est d'attendre la fin du film pour savoir que les deux personnages qui ne pouvaient pas se blairer pendant 90 minutes allaient finalement se marier.
Et autant qu'il est évident qu'un script réellement élaboré puisse éviter certaines facilités, l'utilisation du cinéma dans son utilité première, c'est-à-dire en tant qu'art de l'image, permet si on le souhaite et si on le peut (tant en termes de connaissances que de pratique) d'anéantir la perception d'un cliché comme en étant un. Aussi est-il à peine surprenant de constater que l'homme à qui l'on doit aujourd'hui cet exploit est un réalisateur issu... du cinéma de genre. Comme quoi, il y a une justice.

Seulement un an après LA NUIT NOUS APPARTIENT, et paradoxalement pour son quatrième film en près de quinze ans, le trop rare James Gray nous revient avec une œuvre pour le moins différente de ce à quoi il nous avait habitué. Avec son passionnant TWO LOVERS, le réalisateur souhaite visiblement élargir son registre et s'essayer à une forme d'intimisme plus radical qu'avec ses précédents films. En s'intéressant alors à l'amour au travers d'un triangle de personnages ou rien ne laisser présager une quelconque originalité, Gray parvient pourtant à hisser son métrage bien au-delà de la qualité moyenne de bien des représentants du genre.
Si s'attacher au personnage principal était impossible dans ces derniers, tant sa personnalité et sa psyché révélaient de gros problèmes d'écriture, TWO LOVERS parvient dés sa première séquence à créer une empathie avec le spectateur. Certes maladroit car brutal (le personnage magnifiquement interprété par Joaquin Phoenix fait une tentative de suicide), cet élément déclencheur semble peut-être forcer l'émotion mais y arrive en créant une rupture directe avec le pathos qui pouvait s'en suivre (le personnage remercie à peine l'homme qui lui a sauvé la vie). A partir de là et grâce à la démarche jusqu'au-boutiste de son metteur en scène, James Gray parvient, grâce à l'image uniquement, à installer le spectateur dans un récit qui ne sortira que rarement de cette ambiance anxiogène introductrice. Le malaise vécu par Léonard, bipolaire et démoralisé suite au départ de son ex-fiancée, qui séduit malgré lui une femme tout en étant amoureux d'une autre, elle-même éperdue d'un homme marié (ça va, vous suivez ? :D) ; est exprimé au-delà des paroles par la caméra. Grâce une mise en scène constamment au service de son récit, élaborée dans le seul but d'illustrer les différents états d'âme du personnage via une météo toujours vectrice de sens ou l'utilisation d'un sound-design qui lui est organiquement lié, les canons scénaristiques propres au genre sont annihilés, permettant par exemple qu'aucun des proches du personnage masculin ne vienne nous expliquer l'état des lieux toutes les dix minutes. Et fait que TWO LOVERS parvienne toujours à ses fins en sublimant des éléments du récit par leur traduction formelle. Evacuant toute prétention, Gray filme l'intimisme en laissant son découpage seul donner de la puissance à son récit, écrasant toujours son personnage masculin dans l'espace qu'il occupe pour traduire son mal-être ou suggérant constamment la présence de la femme qu'il désire quand celle qu'on lui suggère ose se trouver dans le même champ que lui. Ou transcender par une ambition formelle un récit par essence balisé. Ou presque.

Le traditionnel dilemme amoureux deviendrait en effet sans doute aussi pénible et galvaudé qu'un autre (on se souvient récemment du minimaliste VICKY CRISTINA BARCELONA) si Gray n'avait pas eu l'audace et l'intelligence de donner une place prépondérante à un élément perturbateur. Incarné à merveille par des parents envahissants et clairement entremetteurs, celui-ci permettra de nuancer la psychologie du fils, dont l'attirance pour « la blonde » pourra être vue comme échappatoire à une pression familiale contre laquelle il ne peut lutter, et permet à sa bipolarité de dépasser le simple stade du rappel scénaristique (les médicaments en l'occurrence). Et par là même de constater que le passage à la comédie romantique permet tout de même à James Gray de conserver une cohérence thématique totale.
Le réalisateur, en accompagnant toujours un code usité d'un effort d'écriture permettant de ne pas assister à un rabâchage scénaristique ou moral (le copain de la blonde qui rencontre Léonard, la séquence en boîte, le final...), permet à TWO LOVERS de se réapproprier totalement le genre et de rester dans les mémoires.
Dire qu'on n'avait plus vu ça depuis le génial PUNCH-DRUNK LOVE de P.T. Anderson...

Vous l'aurez compris, si vous n'en pouvez plus des guimauves poussives et qu'il vous reste un tant soit peu d'espoir concernant un cinéma qui de toute façon retombera dans ses travers dés qu'un scénariste voudra nous dire comment pépé a rencontré mémé, il est totalement inutile que je vous conseille quoi faire.

# Posté le mardi 09 décembre 2008 04:31

Modifié le dimanche 17 mai 2009 06:22

Mia Et Le Migou

Mia Et Le Migou
Sortie : 10 Décembre 2008
Réalisation : Jacques-Rémy Girerd
Français
Note : @
Genre : L'écologie, c'est bien
Script : Jacques-Rémy Girerd, Antoine Lanciaux, Ioury Tcherenkov et Benoît Chieux

Mia est une fillette d'à peine dix ans. Alertée par un pressentiment, elle décide de quitter son village natal quelque part en Amérique du Sud pour partir à la recherche de son père. Ce dernier travaille sur un chantier gigantesque visant à transformer une forêt tropicale en luxueuse résidence hôtelière. La route est longue pour retrouver son papa. Mia doit franchir une lointaine montagne, entourée d'une forêt énigmatique et peuplée d'êtres mystérieux. Au coeur de ce monde de légende, la fillette découvre un arbre hors du commun et se confronte aux véritables forces de la nature. Une expérience extraordinaire...


« Franchement les humains vous faites que tuer la Terre avec vos agissements d'égoïstes qui oublient que faire un câlin à son fils ça montre que vous avez un bon fond et que donc l'écologie c'est bien », nous disait Klaatu Reeves dans LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA, avant de s'en aller prévenir les habitants d'autres planètes qu'il allait tous les massacrer avant de passer à l'acte parce que son corps a mal.
Tendance à la mode en ces temps de crise économique, de famine, de guerre, de chômage, de baisse du pouvoir d'achat et d'élection de Miss France truquée, l'écologie nourrit depuis quelques temps l'imaginaire de tout un chacun. Ou pas. Politiciens faussement concernés, citoyens faussement indignés ou cinéastes faussement inspirés, l'écologie se consomme partout et régulièrement depuis quelques années au point même d'être devenue source (opportuniste) d'inspiration artistique (et hypocrite). Marchant sur les pas d'un Hayao Miyazaki qui avait déjà dit le plus important dans des chefs-d'œuvre tels que PRINCESS MONONOKE, aucune œuvre ne saura pourtant aller au-delà des banalités là où LES SIMPSON – LE FILM bluffait son monde en se servant du seul genre qu'il investissait pour donner de l'impact à des propos réellement pertinents.
« N'empêche que vous tuez la Terre quoi, mais nous avec si vous continuez tu comprends ? », a-t-on fini par nous lâcher dans MIA ET LE MIGOU, après 80 minutes de randonnée dont le seul intérêt aura été d'apprendre que le ch'ti se parle même en Amérique du Sud. Autre tendance.

D'un propos aussi minimaliste et galvaudé, on préfèrera garder la beauté des images finales, abusant certes de tout un symbolisme, mais clairement évocateur (l'arbre à l'envers...), plutôt que la pénible attente la précédant et dépassant l'heure, durant laquelle la découverte du Migou aura été seul motif à retenir l'attention. Car en suivant le (trop) facile parcours de l'héroïne, soutenant maladroitement une intrigue parallèle qui ne fera que surligner des propos seulement intéressants à l'aune des dernières minutes du métrage, on ne fait que chercher l'intérêt thématique et simplement narratif d'un métrage vide de toute substance. Bien mal aidé par un scénario manichéen qui ne nuance jamais les personnalités de ses personnages (exploités/exploitants), rendant certains d'eux totalement hors de propos de par leur présentation succincte et la vitesse avec laquelle ils sont oubliés (la sorcière, le père de Mia...), MIA ET LE MIGOU souffre d'une cruelle absence de propos, au point que l'on ne peut que s'interroger sur l'objectif d'un tel traitement, le métrage ne racontant rien et ne se faisant jamais interagir les divers éléments intra-diégétiques du récit (le cauchemar initial et le rêve de la mère de Mia ne serviront jamais l'histoire). Cela aurait pourtant pu et dû être passé outre, si seulement la réalisation s'y était substituée. L'animation bénéficiait à ce titre d'un cachet original, car préférant le dessin à la main en lieu et place d'une mise en images habituellement crée par ordinateur. Si ce parti-pris ne souffre d'aucune contestation possible, la laideur de paysages plat et quasi monochromes fait naître un manque hallucinant de lyrisme que la mise en scène ne fait que confirmer. La séquence de la pluie de météorites est à ce titre caractéristique, car manquant cruellement d'envergure, a l'instar du reste du métrage, vidé de tout dynamisme et jamais créateur de sens, mais surtout d'ambiance. MIA ET LE MIGOU ne suscitera jamais la moindre émotion, préférant enfoncer des portes ouvertes et tout expliquer par le biais de ses personnages. On peut donc se souvenir et regretter le ORIGINE de Keiichi Sugiyama, certes bourré de poncifs mais où la mise en scène était vectrice de sensorialité, excusant ainsi (même partiellement) les faiblesses scénaristiques.

Vous l'aurez compris, ne pas faire attention à sa planète, c'est mal. Malgré la sincérité évidente de son réalisateur et la qualité de son animation, MIA ET LE MIGOU reste tout à fait quelconque et ne s'adresse malheureusement qu'aux seuls enfants à qui il est avant tout destiné.

# Posté le jeudi 18 décembre 2008 12:43

Modifié le dimanche 17 mai 2009 06:23

Top 2008

Top 2008
Et voici l'éternelle tradition aussi inutile que continuellement respectée, celle des bilans de fin d'année. Attention tout de même, seul le top 10 est classé par ordre de préférence, l'ordre du reste n'ayant aucune importance. Quant aux catégories, voici le barême, caractérisé vraiment grossièrement et n'engageant (EVIDEMMENT) que moi. Ceci dit, si la présence d'un film dans une des cases est pour vous un scandale, n'hésitez pas à le crier haut et fort !

@@@@@ : Chef-d'oeuvre, rien à dire de plus.
@@@@ : Excellent, il ne manquait qu'une once d'émotion, d'ambition formelle ou scénaristique pour crier à l'orgasme. Sinon, un plaisir purement coupable s'est dissimulé parmi eux, sauras-tu le retrouver ?
@@@ : Bon film. Trop long, un peu chiant, manquant de profondeur ou ne pouvant être classé au rang au-dessus pour d'autres raisons, mais toujours sincère et d'où émane la volonté de faire du bon cinéma. Ou présence due à ma bonne ou mauvaise humeur du moment
@@ : Sympathique, ni plus ni moins. Beaucoup de choses leurs manquent, mais leur intégrité artistique et leur sincérité leur permet de rester visionnable sans hurler au scandale. Présence due à ma bonne ou mauvaise humeur du moment ?
@ : Aucun intérêt. Que ce soit parce que je ne me suis jamais ennuyé, grâce à leurs acteurs, à leur traitement ou simplement à ma bonne humeur du moment (dit-il avec insistance), ces oeuvres là ne servent même pas à passer le temps mais évitent la décharge de très peu. A éviter.
0 : La crypte, les bouses, les merdes nauséabondes, les arnaques, les produits marketing ou les téléfilms du dimanche après-midi. Quel que soit leur nom, tous méritent le broyeur et gagnent à ne pas être connues.


@@@@@

1 - WALL.E
2 - L'Orphelinat


@@@@

3 - Death Sentence
4 - No Country For Old Men
5 - Valse Avec Bachir
6 - Martyrs
7 - CJ7
8 - Deux Jours A Tuer
9 - The Dark Knight
10 - Hunger

Sexy Dance 2
Sans Arme, Ni Haine, Ni Violence
Bons Baisers De Bruges
L'Echange
The Mist
Rien Que Pour Vos Cheveux
Smiley Face
Pour Elle
Funny Games US
Un Eté Avec Coo


@@@

Détention Secrète
Les Liens Du Sang
Sans Plus Attendre
Into The Wild
Reviens-Moi
Frontière(s)
Be Kind Rewind
MR-73
30 Jours De Nuit
Doomsday
Bataille A Seattle
John Rambo
Semi-Pro
[.REC]
A Bord Du Darjeeling Limited
JCVD
Survivre Avec Les Loups
Dante 01
Angles D'Attaque
Entre Les Murs
Dans La Ville De Sylvia
Eden Lake
Super Blonde
Sans Sarah, Rien Ne Va
L'Instinct De Mort
Les Ruines
Hellboy 2
La Zona, Propriété Privée
L'EnnemiPublic N°1
Frangins Malgré Eux
Joshua
Two Lovers
Ben X
Burn After Reading
L'Oeil Du Mal
Hancock
I Know Who Killed Me
Le Premier Jour Du Reste De Ta Vie


@@

Lust Caution
Sweeney Todd
Live!
Bienvenue Chez Les Ch'tis
Paris
Nos Souvenirs Brulés
Brave Story
PS : I Love You
Cloverfield
Max And Co.
Le Merveilleux Magasin De Mr. Magorium
Jumper
15 Ans Et Demi
Black Sheep
Horton
Deux Soeurs Pour Un Roi
Penelope
Les Chroniques De Spiderwick
Iron Man
Jackpot
Cash
Awake
Indiana Jones Et le Royaume Du Crane De Cristal
Speed Racer
Super-Heros Movie
Le Témoin Amoureux
Meet The Spartans
Kung-Fu Panda
Wanted
Le Monde De Narnia 2
Shrooms
L'Incroyable Hulk
Love Gourou
La Vie Devant Ses Yeux
Faubourg 36
Harcelés
Tonnerre Sous Les Tropiques
Vicky Cristina Barcelona
Coluche, L'Histoire D'Un Mec
Tous Les Garçons Aiment Mandy Lane
The Visitor
Quantum Of Solace
Mensonges D'Etat
Madagascar 2
Mirrors
Australia
Histoires Enchantées
El Rey De La Montana
Dorothy
Nos 18 Ans
Vinyan
Les Trois Brigands

@

Death Note
Chambre 1408
Enfin Veuve
It's A Free World
Taken
P2 - 2ème Sous-Sol
Le Nouveau Protocole
Juno
Chasseurs De Dragons
Las Vegas 21
Phénomènes
Sagan
La Personne Aux Deux Personnes
Seuls Two
Balles De Feu
La Fille De Monaco
La Momie : La Tombe De L'Empereur Dragon
Appelez-Moi Dave
Bienvenue Au Cottage
Babylon A.D
Bangkok Dangerous
Inju, La Bête Dans L'Ombre
Max La Menace
Coup De Foudre A Rhode Island
Le Royaume Interdit
High School Musical 3
Il Y A Longtemps Que Je T'Aime
Redacted
Blackout
Agathe Clery
Les Chimpanzés De L'Espace
Rock N' Rolla
Vilaine
Le Transporteur 3
Le Jour Où La Terre S'Arrêta
Mia Et Le Migou
Igor
Les Dents De La Nuit
Peur(s) Du Noir
Fool Moon
Fly Me To The Moon
Musée Haut, Musée Bas


0

Ca Se Soigne ?
10 000 BC
Alien Vs Predator : Requiem
Astérix Aux Jeux Olympiques
Teeth
Ploy
The Eye
Diary Of The Dead
Bouquet Final
Dragon Wars
Skate Or Die
Medieval Pie
Disco
Prom Night
Spirits
Mamma Mia !
Postal
Course A La Mort
Princess Aurora
Saw V
Terreur Au 13ème Etage
Breathing Room
Living Hell
Day Of The Dead
177 -Voyage Au Centre De La Terre


Top 10 2007

# Posté le samedi 27 décembre 2008 12:01

Modifié le dimanche 27 septembre 2009 03:34