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Rambo

Rambo
Sorti le 02 Mars 1983
Réalisation : Ted Kotcheff
Avec Sylverster Stallone, Richard Crenna
Américain
Note : @@@@
Genre : Métaphore bourrine
Script : David Kozoll, William Sackhein et Sylverster Stallone
Compositeur : Jerry Goldsmith

John Rambo est un héros de la Guerre du Vietnam errant de ville en ville à la recherche de ses anciens compagnons d'armes.
Alors qu'il s'apprête à traverser une petite ville pour s'y restaurer, le Shérif Will Teasle l'arrête pour vagabondage. Emprisonné et maltraité par des policiers abusifs, Rambo devient fou furieux et s'enfuit dans les bois après avoir blessé de nombreux agents.
Traqué comme une bête, l'ex-soldat est contraint de tuer un policier en légitime défense. Dès lors, la police locale et la garde nationale déploient des moyens considérables pour retrouver le fugitif. Le Colonel Trautman, son mentor, intervient et essaie de dissuader les deux camps de s'entre-tuer pendant que Rambo, acculé et blessé, rentre en guerre contre les autorités.



Si la production massive de films d'action bien bourrins dans les années 80 n'est pas étrangère à l'arrivée au pouvoir de Ronald Regan, c'est en partie parce que les studios décelaient dans le genre qu'ils exploitaient un moyen efficace de propager quelque idéologie. Les partis pris thématiques, qui traduisaient alors les idéaux Reaganiens par une connivence à peine explicite (la glorification de l'auto-défense ou de la justice américaine), avaient une facheuse propension à batir un patriotisme de masse qui, s'il flattait gentiment les égos des républicains de l'époque, nivellaient par le bas un genre engagé politiquement dont les parangons qu'incarnent APOCALYPSE NOW ou THE DEER HUNTER avaient pourtant su trouver leur public. Et a contrario de deux suites qui partagaient le point de vu cité précédemment, FIRST BLOOD, le premier volet de la quadrilogie RAMBO, parvient à rallier brillament l'action au service d'un scénario intelligent et contestataire.


Les bérets verts n'ont pas supporté la guerre du Vietnam. Glorifiés à leur retour par de multiples récompenses, haïs par les dandy de l'époque qui les accusaient entre autres de meurtres, les vétérans ne reconaissent pas les valeurs de l'Amérique hippie qui précédaient leur départ. Sylverster Stallone a compris ce traumatisme, et son personnage, transformé malgré lui en véritable machine à tuer, est devenu un être désanchanté par une guerre qui n'était pas la sienne. Pour ne pas arranger le coup, le seul ami ayant lui aussi survécu à la guerre est décédé d'un cancer. Tout y est retranscrit dans la mise en scène.
Ted Kotcheff ne fait pas dans l'esbrouffe, et laisse parler ses images. Vues d'ensemble de paysages par essence sauvages mais d'apparence extrêmement calme, comme pour mieux symboliser l'état d'esprit de son personnage principal et procurer à ses mésaventures un lyrisme étouffant. Parce que les emmerdes, il va y avoir droit, un shérif lui collant aux basques parce qu'il cherchait à manger un morceau. Un « vagabondage » qu'il ne lui sera pas profitable, l'ensemble des policiers abusant psychologiquement et physiquement de lui. Mais les travers de la guerre dont il fut l'un des héros sont plus que jamais présents, les souvenirs aussi.
Rien de plus désagréable pour lancer la phase actionner du métrage, course poursuite dantesque et haletante entre un John Rambo désabusé et un shérif vindicatif. Surarmé, personnalité ambiguë, s'attendre au film d'action basique et méchant était une évidence. Seulement, grâce à des dialogues savamment écrits et des personnages évocateurs (Rambo n'est finalement ni plus ni moins que la symbolisation du Vietnam), FIRST BLOOD traite moins des problèmes d'une icône métamorphosée par l'ultra-violence que de la métaphore sociale qu'incarnent les rebondissements du scénario. Le malaise de la société américaine vis-à-vis du Vietnam y est retranscrit à la perfection, tout comme le mépris qui lui est lié (la personnalité de Rambo en est à ce titre la quintessence). Un ensemble d'éléments qui transforme littérallement un simple film d'action, par ailleurs réussi, en une oeuvre symbolique et témoin d'une époque qui n'est peut-être pas totalement révolue. En dehors de ça, le côté actionner est une pure réussite, la bande originale de Jerry Goldmsith et les effets spéciaux efficaces remplissant leur office, notamment lors d'un final mémorable bien qu'un brin exagéré.

# Posté le jeudi 21 février 2008 12:51

Modifié le dimanche 17 mai 2009 05:50

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