Notorious B.I.G

Notorious B.I.G
Sortie : 24 Juin 2009
Réalisation : George Tillman Jr
Avec Jamal Woolard, Derek Luke, Dennis White
Américain
Note : @@
Script : Cheo Hodari Coker et Reggie Rock Bythewood
Production : Fox Searchlight Pictures

Notorious B.I.G. suit la remarquable ascension de Christopher Wallace, qui, en quelques mois, va passer des rues malfamées de Brooklyn au statut de légende du hip-hop.Décortiquant le mythe, douze ans après sa disparition tragique, ce film révèle le tumultueux et trop bref parcours d'un jeune homme déterminé à réussir et incroyablement talentueux. Ses paroles rappées, décrivant une vie de rue citadine à la vérité crue et aux rimes percutantes, vont devenir l'emblème d'une génération entière et de ses aspirations à une vie meilleure.


Dans la lignée d'un RAY, NOTORIOUS B.I.G conte dans les grandes largeurs la vie d'une star du monde musical marquée par les épreuves et l'affrontement permanent. Difficile en effet de le rapprocher de 8 MILE en dépit de la star du rap qu'ils suivent, tant le traitement, plus exhaustif, se veut aussi seulement inspiré d'un ouvrage biographique, Christopher Wallace étant décédé il y a plus de dix ans. Si l'artiste n'aurait sans doute pas renié le film qui recrée son parcours, il y a fort à parier que l'avalanche de clichés jonchant celui-ci aurait fait tiquer une personnalité dont la vie s'avère romancée par bien des aspects. Les dialogues d'abord, bien peu crédibles eu égard au contexte social de l'époque et tout droits sortis des pires leçons de morale niaises vues sur grand écran depuis dix ans. La subversion de ce NOTORIOUS B.I.G semble même un peu forcée quand les circonstances de la mort du rappeur, suffisamment éclairées dans le documentaire BIGGIE ET TUPAC il y a 6 ans, restent oubliées et la vision auteuriste de la chose faisant de l'icône une figure rédemptrice en fin de métrage (notez aussi la voix off post-mortem de Notorious tout le long du film). Le final larmoyant ne permet d'ailleurs pas de s'éloigner de cette vision des choses.
Suivant une structure narrative bancale, NOTORIOUS B.I.G manque de réel fil conducteur entre les différents évènements marquants présentés, le conflit est/ouest et son traitement par les médias étant expédié via une séquence en split-screen et aussitôt oubliée. Suge Knight et son influence, Faith Evans, Lil Kim ou Tupac, tous les personnages fondamentaux de la vie du bonhomme sont tout aussi relégués au second plan, la seule mère de l'artiste permettant un relatif équilibre narratif. La mise en scène est au diapason, prenant de véritables allures de clip musical des années 2000 par instants, avec ce que cela implique de ralentis inutiles et de visuel bling-bling (la longue focale n'appuyant que trop cela). Ce dernier aspect reste cependant justifié au vu du récit, par ailleurs intéressant grâce à l'interprétation sans faille du génial Jamal Woolard et de ses acolytes. Ce qui ne fait pas au final un bon film, permet au moins à l'½uvre de George Tillman Jr de s'avérer respectable, aussi timorée puisse-t-elle être...

# Posté le mardi 23 juin 2009 17:00

Footloose

Footloose
Sortie : 09 Mai 1984
Réalisation : Herbert Ross
Avec Kevin Bacon, Lori Singer, John Lithgow
Américain
Note : @@@@
Script : Dean Pitchford
Production : Paramount Pictures

Ren et sa mère Ethel quittent Chicago pour Beaumont, une petite ville du Middle West. Passionné de rock et danseur effréné, Ren heurte les conceptions morales de la communauté et de son pasteur, maître à penser du lieu. Révoltés par cet univers sclérosant, les jeunes de la ville se rallient à Ren...


- Il n'y a aucune ouverture d'esprit, il n'y a que des ½illères, il n'y a même pas la tentative d'essayer de comprendre.
- Mais ces danses et ce style de musique conduisent à la dégradation mentale !
- Ce qu'on remarque, c'est que ça se traduit par des incivilités dans la vie quotidienne.


Le fait que ces trois phrases introductives ne soient pas tirées de l'un des dialogues du film chroniqué aujourd'hui, que cela paraisse surprenant ou non, est pourtant avéré. Et bien que celle toute droit sortie du contexte de FOOTLOOSE, film musical de son état, soit évidente à démasquer, il demeure étonnant que ses voisines se fondent aussi bien dans la masse et paraissent anodines. L'une, de Yannick Dahan (critique cinéma et réalisateur) ne faisant que s'interroger à propos d'une troisième intervention jugée sans fondement ; n'est en effet pas tellement révélateur du sujet abordé, à savoir le cinéma dit de genre et sa perception dans l'inconscient du public qu'il répugne. Et oui, malgré un aspect visuel aujourd'hui plutôt kitch et un récit qui n'évite pas toujours la caricature, FOOTLOOSE fait pourtant partie de cette mouvance cinématographique dont THE BREAKFAST CLUB ou le dyptique des REVENGE OF THE NERDS furent autrefois les chantres, de celle qui voyait la jeunesse de l'époque comme des êtres incompatibles avec une pression sociale qu'ils se devaient de combattre pour exister, de celle qui ne percevait pas celle-ci comme influençable et mijaurée. Et par corrélation, lie la haine du rock de l'un de ses personnages à celle concernant le cinéma de genre aujourd'hui. Soit la même problématique d'archaïsme idéologique. C'était il y a un quart de siècle.

A chaque époque son ordre moral donc, et par voie de conséquence sa Némésis, cette contre-culture néfaste aux valeurs rebelles et à l'idéologie satanique. Il y a 25 ans, dans FOOTLOOSE, c'était le rock n'roll. Librement inspiré d'une histoire vraie, le film conte ainsi l'arrivée d'un jeune homme à forte personnalité dans une ville où la loi, sous couvert d'un accident de voiture fatal à de jeunes danseurs, a prohibé le rock n'roll, la danse et mêmes certains ouvrages contraires à l'ordre religieux en place. On pensera immédiatement à la stigmatisation systématique des jeux vidéo dés lors qu'un adolescent ira tuer quelques collègues de lycée, à cette affaire consternante où SCREAM fut supposé seul responsable de l'assassinat d'une famille australienne par le fils de dix ans (il avait vu le film juste avant), ou de l'interdiction pure et simple de projeter un film interdit aux moins de 16 ans à Clermont-Ferrand suite à l'affaire SAW 3, où un cinéma de banlieue fut saccagé (la faute incombant au film, évidemment). Les accusés et les plaignants changent, mais ni les faits, ni les solutions. Vingt-cinq ans.

A côté de ça, le fait que l'on sache dés le début comment tout cela va se finir, les bons sentiments à peine exclus, n'a au final aucune importance. La surprise vient en réalité essentiellement de notre perception du film à notre époque, qui établit inconsciemment une comparaison de m½urs et valeurs entre deux époques que l'on peut supposer incompatibles sans se rendre compte que les problèmes restent malheureusement les mêmes. Ceci étant, il est marrant de voir comment Kevin Bacon se montre infiniment fier d'emmener sa reine au bal dans une poubelle proche de la casse quand des produits tels qu' HIGH SCHOOL MUSICAL 3 chantent aujourd'hui à la gloire de l'apparence et de l'image qu'elle renvoie. Si cela peut paraître cliché, le contraste se pose autant là que la rencontre entre les deux personnages incarne à lui tout seul le message du film. Tous deux confrontés à la pression morale du groupe auquel ils appartiennent, l'un s'y confrontera quand l'autre la subira. Le personnage de Bacon se servira de la danse comme vecteur de bien-être et comme passage à l'acte fort face à ses opposants (la ville entière) lors d'une improvisation dans un entrepôt, symbole clair de son opposition à quelque soumission morale que ce soit. Certains en rigoleront évidemment, quand une séquence similaire, sublimée au centuple, fut il n'y a pas si longtemps orchestrée par les Wachowski dans leur MATRIX RELOADED. La fameuse scène dite « Tahiti douche » de la rave de Sion. FOOTLOOSE nous fera également penser que bien plus que la contre-culture adoptée, c'est sa censure qui suggèrera le passage à l'acte à toute cette brochette d'enculés (*) Comme pour la compagne du Kevin, qui commettra par deux fois des actes dangereux pour exorciser son mal-être dû à son père, pasteur et infini opposant au rock et à ce qui l'accompagne.

A contrario, ne cloisonnons pas FOOTLOOSE dans une catégorie à laquelle il n'appartient pas. Car si les propos restent intelligents et se veulent voués à une vision optimiste de la jeunesse, l'½uvre d'Herbert Ross ne se montre pas moins caricaturale dans sa volonté de rendre sa pensée explicite. La réputation du héros rebelle retombera sur ses proches (la mère se faisant même virer), la personnalité du pasteur qui a évidemment oublié sa jeunesse et qui ne fait plus l'amour à sa femme (a-t-il vu L'EMPIRE DES SENS pour en arriver à de telles extrémités ?), etc... FOOTLOOSE n'évite que peu d'écueils narratifs mais parvient à ne pas gâcher son spectacle par ses chorégraphies et sa bande originale. Du rock n'roll, évidemment. Et Kevin Bacon, déjà excellent (et pas psychopathe pour un sou malgré un rôle précédent dans VENDREDI 13).
Film culte, à raison, FOOTLOOSE éclipse tous ses défauts par un récit intelligent et un rythme à fleur de peau. Aussi, bien que nous n'espérons pas des masses que le CNC, les distributeurs ou les producteurs revoient leur jugement vis-à-vis d'un certain cinéma au détour d'un raccord cut, on pourra toujours évoquer le critique et... membre de la commission de classification, Philippe Rouyer, qui rappela il y a peu que « Jack l'éventreur n'avait pas dû voir beaucoup de films d'horreur avant de se lancer dans sa carrière ».

* (Veuillez excuser mes incivilités, j'ai visionné MARTYRS avant de rédiger cet article)

# Posté le mardi 23 juin 2009 06:02

Modifié le jeudi 25 juin 2009 13:51

The Reader

The Reader
Sortie : 15 Juillet 2009
Réalisation : Stephen Daldry
Avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, David Kross
Américain, Allemand
Note : @@@
Script : David Hare
Production : Mirage

Allemagne de l'Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle.
Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture.
Il découvre peu à peu le plaisir qu'elle éprouve lors de ce rituel tandis qu'il lui lit L'Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien.
Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé.
Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna... sur le banc des accusés.
Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour...



L'audace étant affaire de mise en scène, on se demande bien ce qui a pu pousser la critique internationale à vanter les mérites de THE READER sur ce soi-disant état de fait. La bien mince réflexion proposée par les personnages quant à la notion de culpabilité à l'époque de la Shoah en est-elle responsable, quand les mêmes gratte-papiers hurlaient au blasphème quand LA CHUTE osait montrer un Hitler humain et dépassé par les évènements ? Le fait de mettre en images des relations sexuelles entre un adolescent et une adulte permettait-il de justifier tous dithyrambes ? Kate Winslet qui offre sa poitrine au spectateur peut-être ? Quoiqu'il en soit, tous constituent pourtant les principaux défauts d'une ½uvre bancale qui aurait pu, mais vraiment dû, être une totale réussite.

A l'aune d'un final qui eut pu en découdre avec n'importe quel chef-d'½uvre passé ou futur en termes de larmes, l'heure en est pourtant aux banalités. Back to basics donc, pour rappeler que toute implication émotionnelle naît, sinon par une réflexion en amont sur les cadres ou le découpage, d'un attachement préalable aux personnages dont on suit l'évolution. Et si cela passe aujourd'hui par une longue exposition introductive où les dialogues sont seuls gages d'empathie ou d'identification, on rappellera qu'en des temps obscurs oubliés par la presse, le russe Sergueï M. Eisenstein bouleversait son monde avec un landau dans son CUIRASSE POTEMKINE. Du cinéma muet en quelques plans. Mais pour ça il faut orchestrer un point de vue, ce que ne fait jamais Stephen Daldry dans THE READER, délaissant toutes velléités artistique et narrative au profit d'une mise en scène glaciale et inoffensive. Audacieux aurait été le réalisateur de THE HOURS si le recul et la neutralité du propos ne l'avaient pas absorbé pendant le tournage. Audacieux eut-il été si sa mise en scène traduisait l'état d'excitation du jeune homme sur le moment et de son addiction à une figure maternelle, surtout quand son inconscience vis-à-vis de la perception générale quant à la différence d'âge n'est exprimée qu'au travers de dialogues, quand Richard Eyre filmait et exprimait le tout clairement dans son excellente CHRONIQUE D'UN SCANDALE. Pourquoi d'ailleurs avoir laissé au montage l'expression de l'innocence de Michael, l'adolescent, quand dans tous les cas les m½urs alors en place et la répercussion de cet acte résolument jugé anormal n'ont strictement aucun impact sur le récit ? LUST, CAUTION, serait-on tenté de dire et de substituer à cette alternation de courts plans sans âme et de lecture au sein d'une même séquence. Bref, on ne ressentira jamais ce sentiment d'inoubliable que traversera avec lui la vie d'un bonhomme prisonnier du bonheur de l'instant connu alors. En l'état, la première partie de THE READER tient le coup grâce à son très bon casting, mais pas plus nivelé par le haut par son oscarisée et nue actrice (qui avait déjà dévoilé son corps dans LITTLE CHILDREN) que par l'excellent David Kross.

A défaut d'un véritable cinéaste, le récit de David Hare, basé sur le roman de Bernhard Schlink, se montre plutôt passionnant à suivre en dépit de tous les questionnements minimalistes posés ici et là. L'étude psychologique des personnages y est convaincante, et ce même si le traitement de la partie située au tribunal reste là aussi survolée (quid de la confrontation des sentiments et de la colère chez Michael ? La honte de soi chez Anna, pourquoi ? Comment ?...), quand la majesté de la culture n'aura de cesse d'être rappelée comme figure quasi-rédemptrice et source de bonheur, de liberté ou de jouissance. Tout aussi implicitement encore ceci dit. En pâtît une dernière demi-heure pourtant riche en émotions dans l'absolu, qui, comme dit plus haut, se voit victime d'un dommage collatéral scénique qu'une cohérence narrative pensée aurait pu absoudre. Aussi vous l'aurez compris, THE READER est bon. Mais terriblement moins que le même scénario épongé de ses scories et perçu en termes de mise en scène. En des termes cinématographiques, donc.

# Posté le samedi 18 juillet 2009 14:11

Le Hérisson

Le Hérisson
Sortie : 03 Juillet 2009
Réalisation : Mona Achache
Avec Josiane Balasko, Garance Le Guillermic, Togo Igawa
Français
Note : @
Script : Mona Achache
Genre : Achache de revanche
Production : Les films des tournelles, France 2 et Pathé

L'histoire d'une rencontre inattendue : celle de Paloma Josse, petite fille de 11 ans, redoutablement intelligente et suicidaire, de Renée Michel, concierge parisienne discrète et solitaire, et de l'énigmatique Monsieur Kakuro Ozu


Si la facilité m'empresserait de préciser que le film manque de piquant, l'analyse m'incite surtout à rappeler qu'il faudrait déjà que ce HERISSON en aie un minimum. Librement inspirée du roman de Muriel Barbery, qui n'a d'ailleurs pas voulu laisser le même titre souiller une ½uvre qu'elle juge trop différente, cette adaptation signée par la jeune cinéaste Mona Achache se prend effectivement les pieds dans la prétention assez régulièrement pour susciter le moindre intérêt. Au gré de séquences interchangeables, la demoiselle, également scénariste de la bête, s'identifie un peu trop à la préadolescente misanthrope dont elle suit les jérémiades en prenant le ton si condescendant dont le cinéma français nous avait habitué depuis des années.
Aussi rassurez-vous, car si vous ne parvenez pas à comprendre la métaphore exposée en titre principal, la petite Paloma vous permettra de la saisir en vous l'expliquant au travers d'une réplique interminable, aussi hors de propos et incohérente soit-elle étant donné qu'elle prétend deux minutes auparavant ne pas connaître la concierge (car c'est d'elle dont il s'agit, et si t'as toujours pas compris y a même un dessin t'as vu). Las, chaque métaphore, analogie, fait ou acte est irrémédiablement expliqué, démontré et surligné autant que faire se peut , parfois même par une autre métaphore elle-même analysée par la suite par un ramassis de dialogues naïf, lourd et didactique (ou des dessins). La propension à la pause auteuriste de la cinéaste pourrait même être symbolisée par une scène faisant office de note d'intention, où la s½ur de Paloma invitera cette dernière à la filmer en train de se passer du vernis à ongles et l'interrogeant quant à sa non-volonté de filmer ce fait anecdotique. Parce que Mona Achache, elle ne filme pas n'importe quoi, elle. Sauf si le vide est irrationnel et si une photo dont le rendu est proche d'une mini-DV peuvent se poser en faux.

Vous l'aurez compris, un bocal et un ton paternaliste piquent rarement autre chose que notre faculté à accepter des leçons de morale. Quand en plus on termine sa démonstration par un renfoncement de portes ouvertes avec l'imaginaire d'un Henri Dès, le spectateur peut légitimement se sentir vexé. Ou fatigué, au choix.

# Posté le dimanche 19 juillet 2009 16:22

Modifié le lundi 20 juillet 2009 06:30

In The Shadow Of The Moon

In The Shadow Of The Moon
Sortie : 21 Juillet 2009
Réalisation : David Sington
Avec Buzz Aldrin, Alan Bean, Jim Lovell...
Américain
Note : @@@
Production : ThinkFilm.Inc

Entre 1968 et 1972, les USA ont envoyé 24 astronautes dans l'espace. Leur but : se poser sur la Lune. A travers des archives inédites, les survivants des missions Apollo racontent leurs aventures, dans leurs propres mots...


Un titre pareil ne pouvant s'autoriser une conquête de la naïveté humaine, il était attendu de la part de ce documentaire une certaine fraicheur de fond qui n'aurait su se montrer incompatible avec l'indispensable récapitulatif de faits connus de tous. Aussi, si IN THE SHADOW OF THE MOON sait se montrer passionnant dans sa propension à relater les états d'âme et ressentis des protagonistes de la conquête spatiale de l'époque et de Apollo 11 en particulier (Neil Armstrong exclu, sa réputée discrétion n'ayant une nouvelle fois pas su se mettre en retrait), il est réellement dommageable de voir certaines digressions historiques s'étirer sur la longueur. Des problèmes techniques archi-rebattus de la treizième mission lunaire à la volonté de conquête du président Kennedy, IN THE SHADOW OF THE MOON en oublie des faits décrits brièvement et qui auraient a priori mérités un meilleur traitement. Le contexte sociopolitique de l'époque en priorité, que la rivalité américano-soviétique et la guerre du Vietnam auraient pu confronter à cette obsession de conquête lunaire, à une époque marquée par un changement des m½urs majeur et un pessimisme jamais dissimulé.
A contrario, les superbes compositions de Philip Sheppard offrent un souffle mélancolique omniprésent au documentaire de David Sington et lui permettent de soutenir les différents témoignages jonchant l'½uvre, lui faisant gagner en sensorialité ce qu'il perdait en intérêt purement informatif et créant à son échelle une perception possible de ce qu'impliquerait un voyage spatial. Les dernières paroles des héros, qui semblent naïves mais qui se justifient tout autant par la résultante d'un tel voyage, confirmant cela. Gentillette, la conclusion s'autorise à écarter toute possibilité d'une théorie du complot sur les simples paroles des astronautes. Aussi, à chacun d'y voir ce qu'il en a envie.

# Posté le lundi 20 juillet 2009 16:59