Réalisation : George Tillman Jr
Avec Jamal Woolard, Derek Luke, Dennis White
Américain
Note : @@
Script : Cheo Hodari Coker et Reggie Rock Bythewood
Production : Fox Searchlight Pictures
Notorious B.I.G. suit la remarquable ascension de Christopher Wallace, qui, en quelques mois, va passer des rues malfamées de Brooklyn au statut de légende du hip-hop.Décortiquant le mythe, douze ans après sa disparition tragique, ce film révèle le tumultueux et trop bref parcours d'un jeune homme déterminé à réussir et incroyablement talentueux. Ses paroles rappées, décrivant une vie de rue citadine à la vérité crue et aux rimes percutantes, vont devenir l'emblème d'une génération entière et de ses aspirations à une vie meilleure.
Dans la lignée d'un RAY, NOTORIOUS B.I.G conte dans les grandes largeurs la vie d'une star du monde musical marquée par les épreuves et l'affrontement permanent. Difficile en effet de le rapprocher de 8 MILE en dépit de la star du rap qu'ils suivent, tant le traitement, plus exhaustif, se veut aussi seulement inspiré d'un ouvrage biographique, Christopher Wallace étant décédé il y a plus de dix ans. Si l'artiste n'aurait sans doute pas renié le film qui recrée son parcours, il y a fort à parier que l'avalanche de clichés jonchant celui-ci aurait fait tiquer une personnalité dont la vie s'avère romancée par bien des aspects. Les dialogues d'abord, bien peu crédibles eu égard au contexte social de l'époque et tout droits sortis des pires leçons de morale niaises vues sur grand écran depuis dix ans. La subversion de ce NOTORIOUS B.I.G semble même un peu forcée quand les circonstances de la mort du rappeur, suffisamment éclairées dans le documentaire BIGGIE ET TUPAC il y a 6 ans, restent oubliées et la vision auteuriste de la chose faisant de l'icône une figure rédemptrice en fin de métrage (notez aussi la voix off post-mortem de Notorious tout le long du film). Le final larmoyant ne permet d'ailleurs pas de s'éloigner de cette vision des choses.
Suivant une structure narrative bancale, NOTORIOUS B.I.G manque de réel fil conducteur entre les différents évènements marquants présentés, le conflit est/ouest et son traitement par les médias étant expédié via une séquence en split-screen et aussitôt oubliée. Suge Knight et son influence, Faith Evans, Lil Kim ou Tupac, tous les personnages fondamentaux de la vie du bonhomme sont tout aussi relégués au second plan, la seule mère de l'artiste permettant un relatif équilibre narratif. La mise en scène est au diapason, prenant de véritables allures de clip musical des années 2000 par instants, avec ce que cela implique de ralentis inutiles et de visuel bling-bling (la longue focale n'appuyant que trop cela). Ce dernier aspect reste cependant justifié au vu du récit, par ailleurs intéressant grâce à l'interprétation sans faille du génial Jamal Woolard et de ses acolytes. Ce qui ne fait pas au final un bon film, permet au moins à l'½uvre de George Tillman Jr de s'avérer respectable, aussi timorée puisse-t-elle être...




